Peut-on se passer de la voiture ?

Modifié le :

« Doc », le célèbre inventeur de la voiture Delorean dans Retour vers le futur, inspirerait-il les scientifiques d’aujourd’hui pour imaginer les véhicules de demain ? Les freins aux déplacements « verts » sont-ils uniquement technologiques ou faut-il aussi faire bouger les mentalités ?

Une peau de banane dans le réservoir, et hop, ça repart ! Le moteur de la DeLorean de Retour vers le futur fonctionne avec des déchets. Pas de pétrole, pas de pollution et des déchets valorisés ! C’est donc comme cela que Robert Zemeckis (le réalisateur du film) imaginait la mobilité du futur : en voiture. Une voiture, certes, écolo (et qui voyage dans le temps), mais une voiture.

Aujourd’hui encore, elle reste omniprésente. 90 % des trajets en France se font en voiture. Et pour rendre nos déplacements moins polluants, c’est encore et toujours la voiture que l’on cherche à verdir. Mais ne faut-il pas simplement l’abandonner pour nos trajets courts (moins de 10 km) ?

OK… Mais comment se rendre au lycée, au ciné ou chez mémé ? Grâce au véhicule intermédiaire, un ovni roulant qui se situe entre le vélo et la voiture : vélo-cargo, triporteur, voiturette, tricycle protégé, vélomobile…

C’est en tout cas une solution à laquelle réfléchissent des associations et des chercheur.e.s. Ces véhicules légers, moins de 500 kg, permettent de transporter des passager.ère.s ou des marchandises. Ils roulent grâce à nos muscles ou avec une assistance électrique (pour grimper la cote du village avec le pack de lait c’est quand même mieux).

Oui, un véhicule intermédiaire, même électrique, reste toujours plus propre qu’une voiture, même électrique. Pourquoi ? Car il est moins lourd, donc moins énergivore. Une voiture pèse en moyenne 1,2 tonne. Et quand elle roule, c’est surtout son propre poids qu’elle transporte.

Mais abandonner la voiture, ça n’est pas si simple. Car nous sommes accros ! Complètement dépendants ! Les routes, les infrastructures, les distances que l’on a mises entre les centres économiques ou les lycées et les lieux de vie… : tout a été pensé pour des déplacements en voiture. Elle reste un symbole de liberté et même de distinction sociale.

En plus, nous serions victimes de la « dépendance au sentier ». C’est un concept politico-économique qui considère qu’il est plus simple de rester sur la voie tracée par nos prédécesseur.e.s, même si l’on fait fausse route. Le changement demanderait trop d’efforts. En clair, nous serions prisonniers de nos règles, de nos infrastructures, de nos habitudes. Et donc de la voiture.

Alors, que faire ? La révolution ? Le GIEC ou « groupe d’expert.e.s intergouvernemental sur l’évolution du climat » (un organisme scientifique qui étudie le changement climatique) réclame une réduction « rapide, radicale et immédiate » des gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement avant qu’il ne soit trop tard.

Pour changer notre futur, pas possible, pour nous, de repartir dans le passé.

Pour plus d’infos sur le sujet, on écoute l’épisode 14 du podcast Au crible de la science avec deux scientifiques qui répondent aux questions des lycéen.ne.s.

Nos invités

Olivier LEFEBVRE, Chargé de cours en philosophie de la technique à l’Université de Toulouse, chargé de mission transition écologique et sociale à Toulouse INP et membre de l’Atécopol.

Jean-PIERRE WOLFF, Professeur émérite en géographie des transports au LISST (Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Société, Territoires) à l’Université Toulouse Jean-Jaurès, CNRS, EHESS, ENSFEA, INU Champollion.

Ressources complémentaires

Une émission préparée par Clara Mauler et Charlène Rivière puis présentée par Claire Burgain et Laurent Chicoineau.
Réalisation : Arnaud Maisonneuve.
Prise de son : Thomas Gouazé.
Coproduction : Exploreur et Quai des Savoirs – Toulouse Métropole 2023.

Remerciements aux lycéennes, lycéens et aux équipes enseignantes des lycées Paul Mathou à Gourdan-Polignan et Lascase à Lavaurs puis au Ministère de la Culture, au Rectorat de l’académie de Toulouse, à l’IRES, au CLEMI et à Campus FM.